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26/04/2007

Et alors ?

Comme à mon habitude, j’avais su attirer son attention, la mener vers moi, la charmer. J’avais utilisé pour cela des mots simples mais touchants. La belle avait été conquise. Mes termes par le passé avaient su lui parler de tout et de rien, du quotidien, de situations cocasses, d’amour et mon ingéniosité, à chaque fois, avait fait mouche.

Alors ce soir encore, j’allais satisfaire ses envies, mes besoins d’exprimer, grâce à elle, tout ce qu’il y avait de meilleur en moi. Elle était tout acquise à ma cause, j’avais su l’amadouer, la mettre à nu pour qu’elle m’offre sa beauté infinie. Câlinant, précautionneux, attentif à tous ses soupirs, je me suis approché d’elle, ai couché avec douceur la belle dans l’écrin de mes folies imaginaires. J’étais en transes, elle aussi. Tout en nous respirait l’amour, l’harmonie. Mes sens étaient tout en éveil, gonflés par l’effet d’un bonheur précaire à venir. Frémissante, elle allait se donner à moi entière et généreuse, quand le malheur se produisit : la panne. L’affreuse panne, celle qui met tout homme en déséquilibre, le fait douter de sa condition, celle qui vous ridiculise aux yeux des autres, de l’autre. Je ne pouvais, je ne devais pas la décevoir.

Avec persévérance, je repris l’exercice. Moult fois, j’ai tenté de satisfaire la coquine, mais rien. Rien ne sortait, rien n’émergeait. La panique s’empara de moi, mon esprit défaillit, mon corps ne répondait plus, j’étais de plus en plus mal à l’aise devant elle. Elle tenta en vain de m’encourager, de titiller mes sens pour que le meilleur de moi-même jaillisse, mais sans succès. Dans ces états là, on oublie sa condition de mâle, d’être supérieur, on est aux prises au désarroi. La belle vous juge et vous ne trouvez toujours pas les mots et la force de ceux-ci pour la satisfaire. Va-t-elle, boudeuse, s’enfuir et me planter là, humidifié par mon humiliation ?

Alors confus, honteux, je l’ai laissé faire, aux prises aux plus fous désespoirs. Elle se froissa, ne m’adressa plus un mot et tenta de m’oublier. La panne avait été fatale, l’inspiration m’avait délaissé, délesté de mes envies fougueuses, je savais que la peine encourue serait grande : ma nuit fut blanche, tout comme la page. Pauvre page ! Pauvre idée, je l’avais abusée. Elle pouvait crier à la trahison, ma panne textuelle était impardonnable.

10:10 Publié dans Babioles | Lien permanent | Commentaires (0)

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