30.03.2007
Parfois je rêve.
Oui, je rêve que les gens nous laissent vivre en paix, nous laissent vivre comme nous le voulons. Mais, ils sont tellement méchants qu'ils sont prêts à tuer dans l'oeuf un bonheur tout neuf, alors qu'il ne demande qu'à vivre gentiment. Jugez-en par vous mêmes.
Michèle: - Bonne nuit papa !
Paul: - Bonne nuit Petite Michèle !
Michèle: - Bonne nuit papa !
Alain: - Bonne nuit Petite Michèle !
Petite Michèle, c’est moi ! J’ai un trésor formidable que peu de petites filles ou petits garçons possèdent : j’ai deux papas. Je sais, je rends beaucoup de gens jaloux. Il y a tellement de petites filles qui n’ont pas de papa. Moi, j’en ai deux : je suis une privilégiée.
Mais je ne comprends toujours pas pourquoi, quand je me promène avec eux, j’entends des méchants les appeler “Tantes”, je vous assure ce sont vraiment des papas, avec des moustaches et de gros cœurs. Quand j’ai de la peine, ils sont là tous les deux pour me consoler.
Ce n’est pas comme le papa de mon ami Julien qui rentre tous les soirs dans un tel état, qu’il ne reconnaît plus ses enfants et les bat pour s’assurer que ce sont bien les siens ; ou bien la mère de mon autre copain Pascal qui, dés que son papa est parti travailler, invite des tas de papas chez elle. Je ne sais pas pour quelle raison, mais ce que je sais c’est que Pascal n’est pas content et sa mère n’en a rien à foutre. La plus malheureuse d’entre tous, c’est ma copine, Julie. Ses parents ne s’entendent pas et n’entendent pas les prières de la petite Julie qui voudrait qu’ils restent ensemble. Ils ne veulent rien savoir. Alors depuis, une semaine elle vit avec sa maman, une autre avec son papa, mais jamais elle n’a les deux en même temps. C’est triste !
Moi, je sais que cela ne m’arrivera jamais ; mes papas, ils s’aiment. Je le sais car des fois, devant moi, ils se font des bisous sur le front. En plus de ça, comme ils ont tous les deux de bons boulots, jamais on ne sera malheureux, ni miséreux, comme un autre copain que je connais, Ahmed, et dont le papa et la maman sont au chômage et n’ont pas assez d’argent pour l’élever. En plus, mon papa Alain aime la musique classique et l’autre, Paul, le théâtre, tant et si bien qu’au moins une fois par semaine, nous allons au spectacle et j’aime ça.
Je suis heureuse avec mes deux papas, je voudrais bien que les gens me permettent encore d’être heureuse avec eux. Car comme le dit l’un de mes papas, Paul :
« La vie est trop courte pour que l’on passe à s’emmerder ou à emmerder les autres. »
Alors s’il vous plait, laissez-nous vivre ! Bisous papas !
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27.03.2007
Le complice de tous les temps
Nous nous connaissions depuis toujours, puisque nous avions grandi ensemble. Tout bébés, nous avions subi les aléas d’une vie nouvelle que nous découvrions. Gamins, nous jouions ensemble à tous les jeux que notre insouciance nous autorisait. Au même moment, nous découvrîmes les petites joies et insolites déboires de notre âge ingrat. Notre mutation en adolescents inconscients nous permit d’apprécier les efforts sportifs, leurs joies intenses et leurs souffrances formatrices. L’amour, même puéril au tout début, nous transforma. Il nous fragilisa l’espace d’une rencontre, nous fortifia ensuite dans notre devenir d’homme. Nous partageâmes sans réserve toutes ces nouvelles sensations, joies et épreuves. Devant tant de complicité affichée, jamais je n’aurais pu penser que nous briserions, un jour, cette harmonie que nous exprimions tous les deux.
Avançant en âge, la vie ne nous sépara pas réellement, mais chacun prit l’habitude de s’occuper avant tout de lui ou plus exactement, très motivé à réussir socialement, je ne pensais plus à lui comme je le faisais auparavant. J’estimais à tort que nous étions devenus assez grands pour que chacun puisse se prendre en charge. Mais en réalité, il avait toujours besoin de moi. Pour pouvoir s’épanouir, il avait tout autant besoin de mes attentions quotidiennes que de l’amour considérable que je lui portais.
Alors il changea, se laissa aller. Il ne fut plus aussi agile qu’à son jeune âge; rien de plus naturel, il vieillissait. Chez lui, les modifications furent plus rapides. Ses muscles s’avachirent, ses articulations se fragilisèrent. La pire de toutes ses misères fut qu’il avait affreusement grossi. Il se heurtait à mon esprit, à ma vivacité, m’en voulait beaucoup et devenait injustement jaloux. Son malheur déteignait sur moi qui, affecté, devenais de plus en plus impuissant face à un tel désœuvrement provoquant une indigne déchéance.
Il devint hargneux, voire méchant. J’étais sûr qu’il fomentait quelque vengeance contre Moi. Mais, je ne pouvais envisager qu’il deviendrait cruellement violent, mal m’en prit. Je pressentais quelque chose, mais pas une action aussi lâche, une trahison aussi horrible. Il attaqua l’organe le plus fragile, il s’attaqua à mon cœur. Sa graisse visqueuse m’asphyxia, son obésité repoussante me réduisit en une épave inerte, son adiposité expansive grignota mon cœur et le détruisit sans remords.
Mon complice de tous les temps était devenu le félon d’aujourd’hui, le meurtrier de mes derniers espoirs, le tueur implacable que j’ignorais être en moi.
Par son action insidieuse, son état adipeux, mon corps m’avait tué.
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Le retour de bâton
Dans l’une des chambres du Memorial Advisen Hospital de Tallahassee, deux infirmières s’occupaient de Martin Maxwell. Elles rehaussaient ses coussins, préparaient des médecines qu’il devait prendre avec précaution. Puis, après lui avoir donné un verre d’eau pour qu’il puisse avaler ses cachets, elles le quittèrent, le laissant seul dans la chambre.
Martin Maxwell était un homme âgé d’une petite soixantaine d’années, aux traits rudes. Son visage, rendu rond par l’effet d’une calvitie, était triste, d’une tristesse sans espoir. Martin déglutissait, ravalant autant sa salive que la rancune qu’il portait à d’anonymes invisibles, responsables de son état. Il jeta un dernier coup d’œil vers un article de journal: «Red on Orange» et lâcha un «bâtards» plein de rage.
Enervé, contrarié, il se leva du lit et se dirigea vers la fenêtre de sa chambre. Le soleil caressait, par intermittence, les vitres. Le responsable : un vent doux faisant flotter, dans la cour de l’hôpital, un large drapeau américain, dressé sur une hampe, qui agissait comme un volet alternatif. Martin cligna des yeux pour ne pas être ébloui par l’astre roi et fixa un instant l’étendard.
« - Ils étaient tous là, réunis dans la caserne ornée de drapeaux, de lampions bleus, blancs et rouges. Ils avaient tous ciré leurs pompes, lavé leur tenue militaire, sorti leur panoplie rutilante de médailles et graissé, pour certains, leur chaise roulante supportant un corps handicapé à vie. Un gradé d’opérette, un général anciennement planqué, ganté, le visage rude, la poitrine de sa veste bleu-marine garnie d’un patchwork de médailles diverses, déclama :
- En ce 6 août 1967, j’ai la grande joie et le grand privilège d’honorer le sergent Martin Maxwell du 2 e bataillon du 26 e régiment des Marines, pour son courage au combat lors d’une confrontation sanglante avec l’ennemi…
« Pauvre tâche, si tu savais. Mon courage n’y était pour rien, seule ma volonté de survivre lors de ce triste épisode de la guerre du Vietnam en était responsable. »
« Nous étions en avril 1967, dans un camp retranché situé à quatre cents mètres des forces nord-vietnamiennes qui nous cernaient. Elles avaient, en fourmis travailleuses, construit une longue tranchée nous encerclant. Comme l’avait prévu le règlement, de notre côté, nous avions bâti un ensemble d’abris et de tunnels reliés entre eux, le long de la pente d’un torrent qui débordait souvent, à cause de ces nombreuses et putains de pluies chaudes.
Pour nous occuper, nous faisions souvent des tournées sur nos tranchées et positions souterraines. Face à l’une d’entre elles, en amont, un trou à rat, creusé dans une sorte de caverne, abritait un Vietcong abruti et têtu qui s’ingéniait à nous tirer dessus avec sa mitrailleuse de 50 mm. Le jour, il visait nos bidons d’eau, nos câbles électriques, les pneus de nos jeeps, les sacs de sable de protection; le soir, il s’acharnait sur les lampes du camp.
Alors les Marines ripostaient en le bombardant avec des mortiers, parfois des hélicos US lui envoyaient des roquettes. Mais le citron n’en avait cure, il s’engouffrait au fond de son trou, attendait patiemment que l’orage meurtrier cessât, puis retrouvait sa position et recommençait son cirque de guérilla.
« Un jour, un gradé, sûrement irrité par la situation, donna l’ordre d’utiliser du napalm pour détruire le trou à rats du Viet et lui avec. Un seul passage de trois hélicoptères suffit pour anéantir la caverne de l’ennemi. Une énorme déflagration se répercuta trois fois et un bizarre nuage orangé s’éleva dans l’espace. Certains Marines saluèrent d’un cri de cow-boy en rut l’action vengeresse des hélicos. Puis ce fut un long silence.
« Ce même silence se prolongea durant trois jours. Le quatrième jour, le tireur isolé reprit son harcèlement. Au lieu d’être furieux, les Marines furent heureux de le savoir vivant, certains même se laissèrent aller à l’applaudir. Nos gradés ne le prirent pas de la même façon. La plupart d’entre eux voulurent ordonner une avancée punitive. D’autres, plus réalistes, opposèrent à ces propos virulents que les troupes nord-vietnamiennes n’attendaient que cela. Si nous tentions une sortie inconsidérée de notre camp, elles nous attireraient dans un piège et nous abattraient comme des chiens. Après plusieurs heures de palabres, l’ordre avait tout de même été donné de faire une avancée dans le secteur ennemi et d’attaquer. »
«Le lendemain, je m’en souviens encore, c’était le 21 avril 1967, appuyés par les lancements de roquettes au Napalm de nos hélicoptères, nous avançâmes en petits commandos de six à sept hommes vers le territoire hostile, vers la jungle à la végétation traîtresse, aux reliefs perturbés. La pluie redoublait d’intensité, les nuages orangés, provoqués par les roquettes défoliantes, s’évertuaient à donner de la couleur au ciel gris et triste. Trois groupes s’enfoncèrent dans la jungle, vers la droite. Le mien se dirigea plutôt vers le trou à rats de notre sniper jaune. Le lieutenant, Lee Hardson, un péquenot de l’Oklahoma, dirigeait la manœuvre. Il voulait se faire la face de citron avant tout le monde. Nous arrivâmes rapidement aux abords du trou, il avait été atteint par les roquettes et s’était affaissé. Le lieutenant, emporté par son idée fixe, nous ordonna de déblayer l’entrée de la caverne. Alors que la pluie nous énervait de plus en plus, brouillait notre vue, ralentissait notre action, nous arrivâmes à trouver la cache du Vietnamien. Les yeux embrumés par l’air orangé, nous découvrîmes une sorte de trappe recouverte de végétation. En la tirant, nous pûmes constater qu’elle débouchait sur un tunnel aussi noir que pouvait l’être le Marine Abraham Johnson, originaire du Mississippi. Johnson cracha un peu de chique et, avec son accent inimitable du Sud, lança :
- C’est plus noir qué mon trou du cul, l’tnant !
« Mais cela n’arrêta pas l’entêté Hardson. Il nous ordonna de descendre dans le tunnel obscur. Ce fut à ce moment que, sortie de nulle part, une troupe de Viets nous fit face. Leurs casques ornés de branchages, les visages bariolés, armes en mains, ils tirèrent sans sommation. Abraham fut le premier à être atteint. Lee Hardson plongea dans le trou, espérant trouver son salut dans le sombre souterrain. Ma présence d’esprit me susurra de faire le mort. Je tombai sur le sol et restai inanimé, alors que trois autres Marines périssaient sous les balles sifflantes de nos ennemis. Une roquette explosa à 20 mètres de moi, tuant un grand nombre de Vietcongs. Les autres, pris par la panique et enveloppés dans un nuage devenu rouge par le mélange du colorant et du sang, déguerpirent dans un désordre indigne d’une véritable armée. Sortant de son trou, comme un champignon de terre, Lee Hardson tira sur l’ennemi en fuite et dégomma quasiment toute l’unité. Pendant de longues secondes, il admira son œuvre destructrice puis s’extirpa de la trappe. En retrouvant le sol ferme, il put constater la perte de ses hommes.
« Je ne savais pas quoi faire. Le danger étant passé, je crus bon de me relever. Hardson me fusilla du regard et, furieux, lâcha :
- Martin, tu n’es qu’une chiotte ! Tu as fait le mort alors que tous tes copains se faisaient canarder !
« Je ne voulais pas répondre à ce connard, mais il continua à me chauffer les oreilles. »
- Tu auras de mes nouvelles, dès qu’on arrive au camp je vais te foutre un de ces rapports au cul.
- Qui a plongé dans le trou, laissant son unité se débrouiller seule, lieutenant ?
« Hardson, désemparé, me fixa méchamment et déclara :
- Tu te crois malin, mais on verra quel rapport on prendra en considération, le tien ou le mien ? Allez, on rentre !
« Lee Hardson me tourna le dos et avança lentement en direction du camp. Je ne sais pas ce qui s’est passé ! Était-ce l’effet de la tension vécue, celui de la pluie qui tombait sans s’arrêter, celui du nuage orangé ou bien celui de la haine qui montait en moi pour ce péquenot ? Mais le fait est que j’attrapai sur le sol une arme vietcong, délaissée par son propriétaire abattu. Il y avait le dos de Hardson qui me tentait. Le doigt sur la détente, je le
hélai :
- Hé connard !
« Il se tourna à peine et déjà une rafale le scia en deux. Il n’eut pas le temps de dire un seul mot, tellement sa gorge et sa bouche étaient encombrées par un flot de sang qui jaillissait de toutes parts. Je lâchai l’arme, Lee Hardson chuta lourdement sur le sol. A mon tour, je m’effondrai, pleurant de tout mon soûl. Les autres commandos revinrent à ce moment. Tous les membres de l’unité constatèrent les dégâts et me virent accroupi à même le sol, fourbu, chialant comme un bébé.
Un colonel, avide de sensations fortes, avait accompagné l’une des unités. Il s’approcha de moi, me releva d’une main ferme et me demanda de lui raconter ce qui s’était passé. Je le fis, à ma façon, en lui délivrant ma version : une attaque impromptue de l’ennemi, une résistance valeureuse de notre commando, un lieutenant courageux, une roquette et une rafale, venant de mon arme, qui abattit tous les Viets mais arriva trop tardivement pour
sauver l’héroïque lieutenant Lee Hardson. Le colonel avala tout mon récit; sans opposer un seul doute à la véracité des faits, il ajouta :
- Vous avez fait un sacré boulot, sergent ! Rappelez-moi votre nom que je le mette sur mon rapport et vous porte sur la liste des soldats méritant une décoration.
- Sergent Martin Maxwell, du 2e bataillon du 26e régiment des Marines, mon colonel !
« Dans la cour de la caserne militaire, le général, qui venait de me décorer de la Silver Cross, me salua une dernière fois, je lui rendis son salut et ne pus m’empêcher de déclamer intérieurement :
- Merci connard ! »
En jetant un dernier coup d’œil à la cour de l’hôpital militaire, Martin se souvenait très bien de tous ces événements. Aucun remords, aucun scrupule ne le tarabustait,seule sa rancune se manifestait actuellement. La lecture de l’article du journal avait chassé ses derniers espoirs et les avait remplacés par une haine implacable. Dans son papier, le journaliste rendait compte d’une action engagée par trois victimes vietnamiennes. Ces personnes souffraient d’une intoxication à la dioxine, liée à une arme chimique qu’utilisait l’armée américaine durant la guerre du Vietnam. Les plaignants poursuivaient, devant la justice américaine, les multinationales responsables du développement de cette arme: un défoliant connu sous le nom d’«agent orange». Selon le Gouvernement vietnamien, qui appuyait les trois plaignants, l’agent orange aurait tué plusieurs centaines de milliers de personnes. D’autre part, trois millions de Vietnamiens auraient été affectés par la dioxine. Il se pouvait même que des «vétérans» américains aient subi les effets nocifs de l’arme, provoquant chez eux une longue maladie qui les détruirait très lentement, eux et leurs descendants.
« - J’ai survécu près de 40 ans. Les douleurs m’ont accompagné durant toute ma putain de vie, mais là c’est la fin. Putain de retour de bâton ! lâcha Martin, désespéré. »
18:40 Publié dans nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
blood diamond
Dites à tout le monde que j'ai vu ce film et que j'en suis ressorti ému par le sujet et son traitement.
En quelques mots, situons ce film: L'Afrique, La sierra Leone, mais cela pourrait se passer dans n'importe quel pays où des richesses naturelles subsistent, un gouvernement pourri, des rebelles tout autant pourris que les gouvernants puisqu'ils enrôlent des enfants et les transforment, par les effets néfastes de l'alcool et de la drougue, en enfants soldats, en monstres déshumanisés, la population innocente, des mercenaires en tout genre et les diamants, convoitise suprème.
Dans cet enfer, mélez y un trafiquant de diamants rodhésien, une journaliste américaine tenace, un pécheur et sa famille et cela donne une histoire où la rédemption est à la portée des esprits les plus noirs, la solidarité se fraye un chemin entre des protagonistes improbables et la vérité éclate enfin pour dénoncer ces atroces violences au nom du pouvoir et de la richesse indécente que peuvent apporter ces ridicules cailloux.
Un film dans la lignée de Hotel Rwanda ou the constant Gardner. A voir pour ne pas oublier que l'avidité des humains et que nos envies ridicules de type européen tuent trop souvent des milliers d'innocents
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24.03.2007
chronique d'un scandale
En chapeau, je dois vous avertir de vous méfier des vieilles personnes solitaires, car leur aigritude (pour parler Royal) est implacable et peut vous entraîner dans des situations inextricables.
En quelques mots l'histoire:
Dans un lycée débarque une jeune prof de dessin, sa beauté et sa fraîcheur attisent les désirs de personnes différentes, vivant dans le lycée: un jeune garçon, un vieux professeur homme et un vieux professeur femme d'histoire. Tout commence par de la considération, puis par de l'amitié, pour continuer par des amours malsaines et pour finir par de la trahison.
Des personnages bien campés, une ambiance lourde mais attendrissante, des relations compliquées où amitié, amour, dévotion extrème se mêlent pour aboutir à casser chaque personnage au plus profond de son âme. Un film plein de subtilités, un peu lent et très british à mon goût, mais qui ne laisse pas indifférent, même si le thème est loin des préoccupations essentielles de chacun au quotidien. De grandes comédiennes, une mise en images et en scène apparemment toutes simples, mais très efficaces.
12:00 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
infos sur le créateur du blog
Site personnel avec CV et synopsis de courts et longs métrages plus des extraits de romans et de nouvelles entières tirées de mes recueils:
http://realisateurtvetaudiovisuel.blog50.com/
Site de l'atelier d'écriture que j'anime en ligne. Dans cet atelier chaque membre peut présenter aux autres un texte qui sera lu, corrigé, commenté, critiqué dans tous les sens de ce terme afin que l'auteur retire tout ce qu'il pense être positif pour améliorer son texte.
http://fr.groups.yahoo.com/group/ecrivants-bitieux/
A vous retrouver.
10:30 Publié dans Liens | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
le dernier roi d'Ecosse
Garigan, jeune homme fraîchement sanctionné d'un beau diplome de médecin,décide d'aller pratiquer son métier dans le monde. Le hasard lui désigne l'Ouganda, le hasard encore lui fait rencontrer le maître du pays: Idi amin dada. Il le soigne et, par la volonté suprème du ditacteur, il devient son médecin attitré et très vite son conseiller spécial: Privilège, honneur ou cauchemar ? C'est ce que va vivre ce jeune écossais, dans ce pays régi par un machiavel aux changements d'humeur puérils.
Un portrait pittoresque du sergent britannique Idi amin, tracé par un homme qui voit en lui un meneur d'hommes sympathique, mais la vérité est tout autre.
Un excellent film où le grandissisme Forest Whitaker donne tout la mesure de son talent, sachant passer de l'attitude enfantine d'un homme puissant à celle de l'homme traqué et mal compris par son entourage. La version originale s'impose, je l'admets, à la vf car le jeu, les intonnations de Forest sont justes et fortes. En tout cas, c'est en comprenant aisément l'anglais que j'ai pu ressentir tout cela.
Par ailleurs, une mise en scène sobre, parfois traité comme un documentaire avec des prises de vues fuyantes, comme celles prises caméra à l'épaule et des images où sont intensifiées les couleurs chaudes du pays.
Le seul reproche que je pourrai faire à ce film, c'est qu'il ne situe pas l'état du pays, de la régularité des conflits armés, de la richesse et de la pauvreté des ougandais. Sans faire un documentaire argumenté, ce genre d'infos permettrait au spectateur de mieux évaluer l'évolution du ditacteur et des néfastes décisions qu'il a prises
aux dépens de ses concitoyens.
Un film à voir pour se souvenir que la folie des hommes épris de pouvoir provoque souvent des malheurs humains inacceptables.
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22.03.2007
Ne le dis à personne
S'il vous plait, ne le dites à personne que je suis allé voir ce film. Dès que je me laisse tenter par un film français où il est question de suspense, d'intrigue, je me fais avoir. Ce n'est ni un bon film, ni un mauvais film, mais il pêche là où pêchent les films français du genre.
Même si Cannet a su diriger ses comédiens en les rendant vrais, Cluzet est très bien, on ne s'improvise pas du jour au lendemain scénariste adaptateur d'un roman de Corban et cinéaste.
Le scénario est traité, pour nous plonger dans l'intrigue, d'une façon malhonnête en nous cachant des éléments et en nous les révélant que dans les 7/8 du film pour expliquer l'ensemble. A la fin, j'ai eu l'impression que les auteurs nous narguaient comme des enfants, en nous déclamant: "La la lalère, nous vous avons bien eus en vous cachant des éléments de l'histoire et en vous expliquant le tout à la fin, car sinon notre film n'aurait eu ni queue ni tête."
Je m'explique, on apprend qu'au 7/8 du film que le père de Margot est un flic, ce qui nous aurait ( nous spectateurs) permis d'envisager d'autres pistes, que le père de Alexandre était mort dans un pseudo accident de chasse ce qui aurait pu augmenter la peine et la rage d' Alexandre et nous faire imaginer d'autres solutions à l'énigme. Contrairement à ce que pensent les auteurs de ce film, on ne créé pas du suspense en dissimulant des éléments, mais en les dispersant subtilement tout le long du film pour que le puzzle se recontruise à la fin du film et nous donne le fin mot de l'histoire.
Je vais vous narrer une anecdote, tirée des bavardages entre le maître Sir Alfred et Truffaut, où le génie expliquait l'art du suspense en ces mots.
Vous avez une pièce avec une table, deux chaises et un paravent derière l'une d'entre elles. Vous faites entrer un homme dans ce décor. Il a l'air inquiet. Il s'assoit, regarde sa montre, scrute la pièce, sort un papier de sa poche et le lit. Il sursaute au moindre bruit de craquements des meubles, inquiet il regarde aux alentours, puis sa montre, relit le papier, le froisse nerveusement et le remet dans sa poche. A bout, il se relève de sa chaise et sort. Dès qu'il est sorti, un autre homme sort de derrière le paravent et s'en va. Rien ne s'est passé, le spectateur reste sur sa faim, le suspense n'a pas été créé, car on a dissimulé un élément important.
Reprenez le même décor, introduisez le deuxième homme dans le décor et faîtes qu'il se cache derrière le paravent avant l'arrivée de notre acteur angoissé. Le premier homme entre à son tour dans le décor et toute la scène décrite plus haut recommence. Que va se dire le spectateur ? Que va-t-il se passer ? Pourquoi le premier homme s'est il caché ? Que va-t-il faire au deuxième ? Veut-il l'espionner, le piéger, voire le tuer ?
L'angoisse est née, le suspense avec elle; car nous avons donné au spectateur tous les éléments.
Les auteurs de "ne le dis à personne" n'ont certainement pas lu ce passage. Par ailleurs, le scénario est construit à l'emporte pièce, tout est fabriqué pour nous plonger dans l'expectative d'une explication qui ne vient que tardivement, sans mettre le spectateur dans la confidence. Il y a aussi des plans et des scènes inutiles qui alourdissent des sentiments exprimés par Alexandre que l'on comprend aisément sans les appuyer de cette façon. Les cadrages sont des à peu près, on ne joue pas avec pour accentuer le suspense de l'intrigue. Le film perd pour cela du rythme et de l'efficacité. Tant et si bien que par le fait de n'être pas partie prenante dans le déroulement du film, enquiquiné par ses lourdeurs, peiné par un manque d'originalité dans les cadrages et la mise en images en général, j'en suis sorti en exprimant un gros BOF.
Mais, heureusement que le printemps du cinéma m'a permis de subir cette déception pour peu de frais.
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20.03.2007
Hér go isme
Mon cher moi,
C’est avec émoi que je m’aperçois que je n’ai plus de nouvelles de moi. J’ai beau vivre intensément chaque moment sous le même toit, je ne me vois plus. Il y a longtemps que j’ai fait la grève des miroirs, longtemps que j’ai remplacé nos soliloques par de débiles programmes de télévision, longtemps que je ne pense plus à moi.
Pourtant, il y a une époque, pas si lointaine que ça, où ensemble nous prenions soin de moi, nous avions des idées sur tout et sur moi, tant et si bien que je me les racontais et que tu les écrivais, sans te passer de moi. Notre ego spirituel était à son apogée et notre imaginaire au faîte de la gloire, celle-ci justement qui auréolait mon surmoi pour le meilleur, en oubliant le pire.
Alors, secoue-moi, envoie-moi de mes nouvelles, parle-moi de moi et de tout ce qui me touche, afin de retrouver en moi l’équilibre qui me manque par la perte de moi, en attendant une imprévisible perte de poids.
Dis-moi tout, je me rendrai la pareille afin d’être mon égal épanoui au lieu de devenir un simple tout à l’ego anémié. Je me bise.
Moi.
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Vies parallèles.
Elle avançait tout droit, sans se soucier des cercles vicieux, ni des angles obtus. Elle n’avait qu’un but dans sa vie : tracer son chemin tout droit, et forcément cela devint sa ligne de conduite. Elle avait décidé de n’en varier d’aucun iota, jusqu’au jour où elle rencontra l’âme sœur.
Mais par définition ou par destin capricieux, son amour nouveau avait la même attitude qu’elle. Le maître de cet espace infini les avait baptisées droites parallèles et, parallèles, elles le resteraient. Elles firent donc un long chemin ensemble, sans pour autant échanger un mot, émettre une hypothèse, parler d’une inconnue ou tenter une intersection. Leur destinée était toute tracée ; ou bien alors, pour leur malheur, leur déshonneur, il fallait que l’une d’entre elles change d’état. Mais si, en changeant d’état, elle brisait le cœur de son amour, elle ne s’en remettrait jamais.
Alors, elles continuèrent leur route, jusqu’au jour où l’une d’entre elles, chagrinée, déçue par sa vie toute tracée, y mit un point, s’y attacha et s’y pendit dans le vide infini.
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